Blackmany, du gospel à Reborn : un jazz de renaissance
Du gospel aux scènes majeures, Blackmany forge un jazz personnel, nourri de neo-soul, de groove et d’intime.
Du gospel de son enfance aux scènes prestigieuses, en passant par la neo-soul et le hip-hop, le pianiste et compositeur Blackmany trace un chemin musical qui n'appartient qu'à lui. Récompensé au Concours National de Jazz de La Défense, il dévoile aujourd'hui « Reborn », un premier EP profondément personnel où chaque note semble raconter une partie de son histoire.
Tout commence dans une église, bien avant les projecteurs.
Certains musiciens découvrent leur vocation dans une école de musique. D'autres devant un concert ou un disque qui change leur vie. Pour Daniel Andele, alias Blackmany, tout commence dans une église, au rythme des chants gospel qui accompagnent les prêches dominicaux de son père, pasteur.
Né en 1995, le jeune Daniel grandit dans un environnement où la musique ne se limite pas à une succession de notes. Elle accompagne les émotions, rassemble les gens et donne une autre dimension aux mots. Très tôt, il apprend à jouer du piano au sein d'une formation musicale de son église. Sans encore le savoir, il y construit les premières fondations de son identité artistique : l'écoute, le sens de l'harmonie, mais surtout cette capacité à faire passer une émotion à travers un instrument.
Car chez Blackmany, le piano n'est pas simplement un moyen de jouer de la musique. C'est une façon de s'exprimer.
Le jour où le jazz change tout
Puis vient cette période où la curiosité pousse à sortir des chemins familiers. Blackmany découvre le jazz. Et avec lui, une nouvelle manière de penser la musique.
Les harmonies de Bill Evans, la créativité d'Herbie Hancock et la virtuosité d'Oscar Peterson lui ouvrent des perspectives insoupçonnées. Il découvre un univers où l'improvisation occupe une place essentielle, où une même mélodie peut raconter mille histoires différentes. Il décide alors d'aller plus loin.
Pendant dix ans, il étudie au sein de la section jazz du conservatoire de Juvisy-sur-Orge. Une décennie consacrée à comprendre, explorer et maîtriser ce langage musical aussi exigeant que passionnant. Mais si cette formation lui donne de solides bases, elle ne l'enferme pas dans une définition académique du jazz. Au contraire, elle lui donne les moyens de s'en affranchir. Car pour Blackmany, maîtriser les règles n'a de sens que si l'on peut ensuite inventer les siennes.
Entre jazz et neo-soul, pourquoi choisir ?
Au fil de son parcours, Blackmany multiplie les rencontres musicales. Il accompagne notamment la chanteuse américaine Kim Burrell, Gage et le Total Praise Mass Choir. Ses expériences le conduisent sur des scènes comme L'Olympia, La Cigale ou encore Le Grand Rex, où il développe également ses compétences de directeur musical. Ces collaborations nourrissent sa technique, mais aussi sa vision de la musique.
Et puis, une autre découverte vient bouleverser son univers : la neo-soul. D'Angelo, Erykah Badu et toute une génération de musiciens lui révèlent une autre forme de liberté. Une musique plus organique, profondément rythmique, dans laquelle le groove et l'émotion se répondent naturellement. D'un côté, le jazz et sa richesse harmonique. De l'autre, la neo-soul et sa chaleur presque instinctive.
« Entre les deux, mon cœur balance », confie-t-il. Alors plutôt que de choisir, Blackmany décide de réunir ses influences. Son langage musical commence à prendre une couleur singulière : un jazz contemporain nourri de gospel, de neo-soul et de hip-hop, où la sophistication des arrangements ne prend jamais le pas sur le plaisir d'écouter. Une musique qui peut être complexe dans sa construction, mais immédiate dans ce qu'elle fait ressentir.
Blackmany Trio : trois musiciens, une même respiration
Cette identité trouve aujourd'hui son expression la plus aboutie avec le Blackmany Trio. Aux côtés de Daniel Andele, on retrouve Félix Boucaud à la contrebasse et Isaac Odiana, batteur nigérian. Trois personnalités musicales qui se rejoignent autour d'une même idée : faire vivre un jazz acoustique moderne, ouvert et généreux.

Dans cette formation, la musique repose autant sur l'écriture que sur l'échange. Chaque instrument possède sa place, chaque musicien contribue à la conversation, et l'improvisation permet à l'ensemble de respirer.
En février 2026, le trio dévoile « Rise & Shine », un premier single qui ouvre un nouveau chapitre. Quelques semaines plus tard, Blackmany est invité par Ibrahim Maalouf dans l'émission Improbox sur TSF Jazz. Un concert au Sunset-Sunside vient également confirmer la progression de ce projet artistique. Mais le véritable tournant arrive avec une œuvre dont le titre semble résumer toute une démarche.
« Reborn » : renaître en osant enfin parler de soi
Sorti le 9 octobre 2026, « Reborn » est le premier EP jazz de Blackmany. Cinq compositions originales dans lesquelles le pianiste affirme plus que jamais sa personnalité musicale. On y retrouve bien sûr son amour du jazz acoustique, mais aussi cette énergie rythmique, ces sonorités groove et cette sensibilité mélodique qui caractérisent son univers. Pourtant, ce qui rend ce projet particulièrement intéressant n'est pas uniquement son esthétique musicale. C'est sa dimension intime.
Avec « Reborn », Blackmany franchit une étape personnelle. Il ne cherche plus seulement à composer une musique qui lui ressemble, mais à raconter ce qu'il vit et ce qu'il ressent. Parmi les cinq titres figure notamment « Éléane », une composition inspirée par la naissance de sa fille. Un événement profondément personnel qui devient ici une matière musicale. Le piano prend alors une autre dimension : celle d'un langage capable d'exprimer ce que les mots ne suffisent pas toujours à raconter.
Blackmany résume lui-même cette évolution :
Herbie Hancock, Bill Evans et Oscar Peterson ont allumé ma passion. Aujourd'hui, je m'appuie sur leur héritage pour oser faire quelque chose de plus personnel. Cet EP marque aussi un tournant plus intime, celui où j'ai osé parler de moi et transformer mes émotions en notes.
Blackmany
Cette phrase dit probablement l'essentiel de sa démarche. On peut consacrer des années à apprendre la musique des autres. Mais vient un moment où l'enjeu n'est plus de démontrer ce que l'on sait jouer. Il devient de découvrir ce que l'on a réellement à dire.
Une reconnaissance qui ouvre de nouvelles portes
En juin 2026, le Blackmany Trio franchit une nouvelle étape en étant distingué lors du 49e Concours National de Jazz de La Défense. Le jury lui décerne le Prix de l'accompagnement, une récompense qui comprend notamment une résidence artistique à La Seine Musicale et un accompagnement stratégique dans le développement du projet. Pour Blackmany, cette reconnaissance vient saluer des années de travail, d'exploration et de collaborations.
« Recevoir ce prix est un immense honneur et une formidable reconnaissance du travail accompli avec mes musiciens », explique-t-il. La résidence, programmée jusqu'à fin novembre, offre au trio un espace pour poursuivre ses recherches, enrichir son répertoire et faire évoluer son univers scénique. Après un concert donné le 6 octobre dans le cadre des Impromptus de La Seine Musicale, le trio prépare un showcase de fin de résidence prévu le 25 novembre 2026. Une belle occasion de découvrir sur scène un projet qui commence à trouver sa place dans le paysage du jazz contemporain.
Plus qu'un pianiste, un artiste qui cherche sa propre voix
Ce qui frappe dans le parcours de Blackmany, c'est cette volonté constante de ne jamais rester enfermé dans ce qu'il connaît déjà. Du gospel au jazz, de la neo-soul à l'improvisation acoustique, chaque découverte semble devenir une nouvelle pièce d'un langage qu'il construit patiemment. Il ne tourne pas le dos à ses influences. Il les assume, les transforme et les fait cohabiter. Et c'est peut-être là que réside la véritable singularité de son projet.
À une époque où les artistes sont souvent invités à se définir par un style, une catégorie ou une étiquette, Blackmany défend une idée plus simple : une identité musicale ne se résume pas à un genre. Elle se construit à partir d'une histoire. Avec « Reborn », il ne signe donc pas seulement son premier EP jazz. Il affirme une nouvelle manière de se raconter. Et si le titre de ce projet évoque la renaissance, il suggère aussi autre chose : la possibilité, pour un musicien, de se réinventer sans jamais renier ce qui l'a construit. Blackmany n'a peut-être pas choisi entre le jazz, le gospel et la neo-soul. Mais il semble avoir trouvé quelque chose de bien plus précieux : sa propre voix.
Info : Son nouvel EP REBORN est disponible sur toutes les plateformes depuis le 30 octobre.
À découvrir
Artiste : Blackmany (Daniel Andele)
Formation : Blackmany Trio
Musiciens : Daniel Andele (piano), Félix Boucaud (contrebasse), Isaac Odiana (batterie)
Univers musical : Jazz contemporain, neo-soul, gospel, groove
Premier EP : Reborn, sorti le 9 octobre 2026
Singles : Rise & Shine, Don't Give Up
Prochain rendez-vous : 25 novembre 2026, showcase de fin de résidence à La Seine Musicale
Link: https://www.blackmany.com
Insta : https://www.instagram.com/blackmany.music
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